Les politicailleries du XX ième siècle, c’en est assez!

En prenant un peu de hauteur, il est aisé d’observer le chemin audacieux que la population canadienne propose à ses nouveaux élu-e-s fédéraux. Elle dessine, pour eux, le tracé d’un gouvernement de coalition qui permettrait de faire face avec stabilité, efficacité et pluralité aux prochaines années qui seront cruciales pour l’avenir du Canada. Nos élus-e-s oseront-ils suivre le parcours proposé? Il faudra, pour ça, beaucoup de courage et un réel souci du Prendre Soin.

En élisant pour une deuxième fois en 4 ans un gouvernement minoritaire, la population indique clairement son souhait de voir ses députés-s fédéraux travailler ensemble. Elle les convie à dépasser leurs sempiternelles disputes partisanes pour oeuvrer réellement pour notre pays.
 
Avec un taux de participation de 62%, la dernière élection n’est pas le meilleur exemple d’exercice de démocratie participative de notre histoire, mais c’est mieux qu’en 2000, 2004, 2008 et 2011 où les taux oscillaient entre 58% et 61%.

Il y a belle lurette qu’un gouvernement canadien ne représente plus la majorité des électrices et des électeurs qui ont déposé leur bulletin de vote dans l’urne. Notre vieux sytème conçu pour deux grands partis rend cette distorsion possible: un parti peut obtenir un gouvernement majoritaire avec seulement 39% ou 40% des suffrages exprimés, la majorité des électeurs n’ayant donc pas voté pour lui. 

En 2021, face à la crise sanitaire qui perdure et face à la crise climatique qui chaque jour prend de l’ampleur, le Canada a besoin d’un gouvernement stable qui pourra prendre les virages urgents qui s’imposent. Replonger le Canada dans des élections d’ici 18 ou 24 mois relèverait d’un manque total de respect à l’égard de la population. 

L’équipe nouvellement élue, a aujourd’hui entre ses mains la possibilité, si elle le désire, de passer à l’histoire et de mettre en place un gouvernement de coalition majoritaire qui représenterait 52,7% des votes exprimés le 20 septembre dernier. Si le gouvernement conservait un cabinet composé de 36 ministres, il pourrait par exemple en sélectionner 30 chez les Libéraux, 5 chez Les Nouveaux Démocrates et 1 chez les Verts. Pour la première fois depuis des décennies, ce gouvernement représenterait un tant soit peu la réalité du vote.

Là où certains voient la division, je vois «les possibles»! La réalité, si vous prenez le temps de relire les plateformes proposées par le parti Libéral, le NPD et les Verts, c’est que 53% des électrices et électeurs ont voté pour un Canada progressiste qui place le Prendre Soin de la population et la crise climatique au centre de leurs préoccupations. Un Canada où la solidarité, l’entraide et la tolérance seraient à l’honneur. N’y a-t-il pas là un magnifique projet rassembleur? 

Dresser une feuille de route claire qui permettrait aux élu-e-s de ces trois partis d’assurer un gouvernement stable et efficace pour les 4 prochaines années ne relève pas de l’utopie mais tout simplement du bon vouloir. Certes, il y a plusieurs éléments de divergence, mais les points de rencontres sont riches en possibilités d’action.

Une coalition au Canada c’est possible! Avant la Confédération, de 1848 à 1867, tous les gouvernements du Canada-Uni ont été des gouvernements de coalition. En 1917, le gouvernement de Borden en était un de coalition. En 2008, l’hypothèse d’un gouvernement de coalition avait été sérieusement évoquée. Plus récemment, en 2017, un gouvernement de coalition a été formé en Colombie-Britannique.

L’heure est à la détermination et à l’action. La population canadienne a besoins d’élu-e-s qui donnent l’exemple et se rassemblent pour faire face aux urgences à venir.  Nous avons besoin d’une approche novatrice et courageuse qui permettrait au Canada de prendre le réel virage dont il a besoin pour entrer, enfin, dans le vingt-et-unième siècle qui sera vert ou ne sera pas.

Les politicailleries du XX ième siècle, c’en est assez!
Sylvain Dodier