LE CARNET DE SYLVAIN
Au cœur des émotions
# 3

Mars 2025
Entrée en matière
Voilà déjà le troisième numéro de mon Carnet ! Un seul mois s’est écoulé depuis le numéro précédent, mais il s’en est passé, des choses. « J’ai eu de la broue dans le toupet », comme j’ai appris à définir de tels instants dans mon enfance. Des entrevues devant public avec de fabuleux artistes, des animations scolaires, j’ai participé à un nouveau jury pour le CALQ, et surtout avec Luc, nous avons lancé ACTION CULTURELLE, un happening en ligne fait d’art et de culture. Toute une aventure que vous êtes déjà des centaines à suivre de partout sur la planète. Que du bonheur!

Une oeuvre à découvrir – Ce divin goût d’infini

Ce poème-tableau capture l’élan d’un échange intellectuel vibrant, où les mots deviennent impulsions qui propulsent vers l’avant. L’« infini » ne se limite pas à une idée abstraite : il se ressent dans la dynamique de la pensée partagée, dans la fulgurance des idées qui s’entrechoquent. L’« éclat » évoque cette lumière née du dialogue, ce frisson d’intelligence où la réflexion s’anime et ouvre de nouveaux horizons. À travers ce texte, la rencontre intellectuelle se fait mouvement, une vague physique où la pensée se déploie en étincelles.
Mes poèmes-tableaux : parler de mes amours

Chacun de mes poèmes-tableaux est né d’une rencontre. Une réminiscence d’une rencontre passée qui s’est bonifiée au fil des mois, des ans, ou encore il naît du choc d’un récent tête-à-tête. Mais toujours, il s’enracine dans mon admiration pour l’autre, quelle qu’en soit la raison.
Ce bref portrait présenté aujourd’hui est celui de mon émoi chaque fois que j’ai l’occasion, trop rare à mon goût, de discuter avec cet ami, si précieux. Un fidèle copain connu au début de ma vingtaine – ce qui fait bien longtemps dans le temps – et qui depuis ce jour fascine mon intellect. Me stimule, me pousse délicatement dans mes retranchements si nécessaire et, surtout, partage avec grande générosité sa multitude de connaissances et de réflexions sur une pléthore de sujets. C’est un érudit, aussi épicurien, à la pensée fort aiguisée. J’ai toujours été fasciné par sa structure réflexive, qui semble au premier abord hésitante, voire pêle-mêle, mais qui au final se révèle précise et tranchée, peut-être même nuancée si le sujet en vaut la chandelle!
Écrire à propos de mes amours, au sens le plus large que cette expression peut contenir, est pour moi une source créative infinie. Mes deux premiers poèmes – écrits au départ pour les enfants – qui me valurent de tourner au Québec et en Europe étaient un poème sur mon grand-père Polycarpe et un poème sur Alain, mon premier grand amour. Tous deux décédés, ce plongeon en poésie les a ramenés à ma vie, à la vie infinie, en leur donnant une nouvelle existence par le regard des autres.
Il y a dans mes poèmes-tableaux cet élan vers l’éternel qui passe à travers mes mots, et dans le fait de les graver manuellement dans le papier et dans le regards que vous y posez. Vous qui en les lisant, en les déposant dans votre salon, votre bureau ou votre chambre, créez l’intimité nécessaire à une forme d’éternité qui avance document, jour après jour, jusqu’à l’infini.
Entre bibliothèque et jardin
Dans la première édition d’ACTION CULTURELLE, je vous racontais qu’un de mes grands bonheurs est de mener des interviews en direct ! Aller à la rencontre de l’Autre est pour moi une source intarissable de découvertes, de partage et de tendresse.
Assis à ma table de travail, nichée entre une porte-fenêtre donnant sur la cour intérieure et une trouée plongeant sur l’un des grands champs bordant l’Atelier Auckland, je fouine de longues heures dans la vie et la carrière de la personne à interviewer. Mon regard valse entre la documentation trouvée et le paysage. Ainsi, de la même manière que je laisse mon regard errer dans les nuages aperçus par les fenêtres de mon antre, sans rien chercher de précis, j’observe mon invité à travers sa carrière, son curriculum vitae, une entrevue accordée, une œuvre produite. Je butine. Les nuages sont-ils ordonnés ? Classés ? L’ours blanc et la sauterelle céleste semblent s’offrir à ma vue sans chronologie. Ils sont là. Idem pour les informations et les quelques citations trouvées qui, si elles semblent au départ hirsutes et flottant dans le vide, n’en demeurent pas moins poussées par le grand vent de la vie de l’artiste que je rencontrerai. Elles feront donc inévitablement sens. À un moment précis, que je ne connais pas encore.



Si je structure et rédige toujours une brève biographie, pour le reste, les notes qui m’accompagnent en entrevue ne contiennent que des nuages d’informations. Aussi étonnant que cela puisse sembler à nombre de personnes qui m’interrogent à ce propos, non, je ne prépare pas à l’avance mes questions. J’accumule des traces de vie. Tout bonnement. Tout au plus sont-elles classées chronologiquement, parfois par thématique ou par une impression de non-dit à creuser: vous avez dit ceci, fait cela et créé cette oeuvre, ne seriez-vous pas… ?
Je ne sais jamais d’avance comment débutera la rencontre, l’instant de la biographie passée. Tout dépendra de la personne devant moi. C’est à cet instant seulement que les nuages informatifs commencent à s’ordonner. Chaque entrevue est comme une balade dans la forêt de l’Atelier Auckland. Bien que j’en connaisse les sentiers sur le bout des doigts, chaque excursion est en soi une surprise. Un oiseau m’interpelle, une fleur miroite au soleil, un arbre tend ses branches vers moi… J’aurais eu beau essayer d’anticiper tout ce qui pourrait arriver pendant ma promenade, je serais toujours en deçà de la luxuriante réalité. Alors aussi bien m’y fier.
Une rencontre se joue dans l’instant présent. Un nombre incalculable de facteurs incontrôlables, tant pour l’artiste que pour moi, peuvent venir l’influencer : l’état de santé du jour, la personne croisée ou le texto reçu juste avant de monter sur scène, le ronronnement d’un ventilateur, le nombre de spectateurs… Inutile d’en ajouter. Je fais confiance à la rencontre, au moment réel gorgé d’adrénaline, car devant nous, un public a soif de découvrir, d’apprendre. La présence de témoins à notre rencontre crée une tension qui nourrit l’attention. La vérité de l’échange.
Je l’ai déjà dit et je le dis à qui m’embauche pour mener une entrevue, je suis un obsessionnel de la préparation. Peu importe la durée de l’entretien prévu, je suis toujours prêt à mener une rencontre d’une heure. J’ai besoin, pour être confiant, ouvert et détendu face à l’instant, de posséder « mon sujet ». J’ai besoin de sentir que, peu importe ce qui pourrait arriver, je serais prêt à l’accueillir. Je refuse systématiquement de mener une pré-entrevue, tout au plus ai-je rencontré mon invité quelques minutes avant l’événement pour lui indiquer ma façon de travailler: l’écouter, le suivre, le mettre en valeur aux oreilles et aux yeux du public.
J’adore cet instant béni où mon invité plonge son regard dans le mien – généralement après 3 ou 4 minutes du début de notre conversation – micro-sourire aux lèvres, visage détendu et épaules ouvertes, me signifiant sa confiance. Ses yeux semblent me dire: «Oh! C’est une vraie rencontre pas une entrevue de routine! ». À cet instant précis, nous nous retrouvons tous deux libérés du poids de la performance, inhérente à tout événement public, pour basculer dans une vraie rencontre entre un être curieux d’en apprendre plus et un artiste acceptant de dévoiler au grand jour une part intime de lui-même. Une rencontre où la bienveillance est l’axe d’approche. Mon seul objectif : que le public ait accès « pour vrai » à l’artiste qui se présente devant lui.

Fragments de pensées – L’éloge de la fuite
Le printemps hésite à exister! Je déteste cet instant saisonnier de louvoiement entre le froid et le chaud qui ne se décident pas. Je ne sais pour vous, mais en mars, j’ai besoin de dormir et de m’aérer l’esprit. Se coucher quasi en été et se réveiller en hiver. Raison suffisante me semble-t-il pour retourner sous la couette. Aller danser ou pratiquer le farniente, mettre à l’arrêt notre cervelle pétillante d’attentes en tous genres.
Fin mars, mon énergie est au plus bas. Alors, divertir ma pensée et mon corps me semble la seule solution avec la prise de vitamine A et D, de magnésium et même de zinc! Je recharge mes batteries en prévision du printemps qui inévitablement, Dieu merci, s’installera. Douce saison où les oiseaux reviennent, les fleurs refleurissent et les champs verdissent.
En attendant, on est dans l’entre-deux-monde, le sale, le pas encore dépoussiéré. Alors, dormez, rêvez à demain et amusez-vous, mes amis. Éloge de la fuite par en avant!

Rendez-vous
8 avril 2025
Tutu
Centre culturel de l’Université de Sherbrooke

J’aurai le plaisir d’animer une nouvelle soirée de la Série Danse. La compagnie française Les Chocs Mambo propose une soirée étonnante, haute en couleur où performance et humour se marient.
10 avril 2025
La mégère apprivoisée
Centre culturel de l’Université de Sherbrooke

J’aurai la joie d’animer la rencontre avec les artistes après la représentation de cette adaptation audacieuse de la comédie romantique de Shakespeare.
24 avril 2025
Lancement de saison
Espace culturel Cookshire-Eaton

Dans le cadre du lancement de la programmation, j’aurai le plaisir de m’entretenir avec le galeriste Eric Devlin.
Découvrez mes prochains événements en visitant la section agenda de mon site

Mes inspirations du moment
Je vous invite à découvrir ou à revoir deux expositions 3D que Luc et moi avons programmé dans le cadre de la première édition de notre happening en ligne fait d’art et de culture: ACTION CULTUELLE. Guy Tremblay et Jean-Luc Wolff proposent des portraits-paysages saisissants. Tremblay, dans À la vitesse que poussent les arbres, nous dévoile avec rigueur et grande affection la vie intime des arbres qui nous entourent. Wolff, quant à lui, nous offre, dans Tête-à-la-Baleine, des cartographies de l’âme et d’une certaine manière de vivre en état de disparition.
Merci de me suivre

Sous l’impulsion de Luc, mon complice de vie et de création, j’ai débuté la rédaction de ce Carnet. Vous êtes aujourd’hui des centaines à me lire mois après mois. Un merci sincère! C’est une joie de vous retrouver et de recevoir vos commentaires. N’hésitez surtout pas à me contacter et à partager mon Carnet avec vos proches.
Au plaisir !


